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Inutile de rappeler que la CENI telle qu’elle est composée actuellement ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique guinéenne. La question de cette institution chargée d’organiser les élections en Guinée fait débat depuis plus d’un an maintenant, impossible pour les acteurs politiques de trouver un terrain d’entente.
Alors quelle CENI pour les élections législatives en Guinée ? Même le Conseil national de transition (CNT) est divisé autour de cette question qui devient aujourd’hui la pomme de discorde du processus électoral en Guinée.
Cependant, ces derniers temps plusieurs entités socio-politiques ont fait des propositions pour une sortie de crise. Il y en a qui ont demandé la démission du président contesté de la CENI, Louncény Camara ainsi que ses compères. D’autres, comme le mouvement social ont sollicité l’intervention du chef de l’Etat qui prendrait un décret révoquant les commissaires de l’institution et procéder ainsi à leur remplacement.
Toujours est-il que le mouvement social qui est composé de la société civile, du patronat et de l’inter central syndical veut le maintien d’une CENI politique. C'est-à-dire une CENI dans laquelle on retrouverait mouvance et opposition représentée. Cette idée du mouvement social est partagée par les deux entités politiques.
Et voilà que le Conseil national de transition (CNT) qui semblait endormi tout ce temps relance le débat en son sein. Mais quand on écoute les différentes interventions des conseillers nationaux, on comprend aisément la difficulté qu’il y a pour s’accommoder.
La première approche consiste à réveiller le projet de loi sur la CENI qui dort dans les tiroirs du CNT depuis l’année dernière et qui avait soulevé un véritable tollé au sein de la classe politique de tout bord confondu. Selon nos informations, ce projet copié du système Ghanéen parle d’une CENI apolitique.
La deuxième approche voudrait que le CNT trouve une solution de sortie de crise. Dans ce cas, il devrait conjuguer avec la volonté des partis politiques qui tiennent à se faire représenter au sein de l’Institution chargée d’organiser les élections en Guinée.
Pour les partisans de la première approche, une CENI composée de personnalités issues du mouvement social et des confessions religieuses éviterait de voir les partis politiques au rôle de joueurs et arbitre à la fois, d’après les propos d’un conseiller national à la plénière de ce jeudi.
Par contre, ceux qui partagent l’idée d’une CENI politique veulent profiter de ce minimum de consensus qui existe entre la mouvance et l’opposition qui, du reste souhaitent participer à part égale à la gestion du processus électoral. Voter une loi apolitique avant la tenue des législatives, c’est jeter le pavé dans la marre soutient un autre membre du CNT.
Le débat s’annonce donc, houleux entre ces deux camps à l’hémicycle. Et la constitution stipule la mise en place d’une loi organique qui définit la composition, l’organisation et le fonctionnement de la commission électorale nationale indépendante (CENI).
Thierno Amadou Bah & H.A.B

